Le bruit des gens autour, de Diastème, avec Léa Drucker, Emma de Caunes, Bruno Todeschini

Le bruit des gens autour, de Diastème, avec Léa Drucker, Emma de Caunes, Bruno Todeschini
Un couple de comédiens qui vient tout juste de rompre et qui joue deux amoureux éperdus, une jeune chanteuse suicidaire, un auteur déprimé, une danseuse tyrannique, un technicien bourru et une spectatrice extravagante...
Tous les mondes et tous les sentiments réunis pendant le Festival d'Avignon, une tragi-comédie sur les caprices de l'amour, de la création et de la météorologie.

Original et attirant, le concept de ce film est nouveau et rafraîchissant pour tous ceux qui ont été, un jour, familier avec le festival d'Avignon, comme c'est mon cas depuis maintenant 4 ans. Tout contribue à retrouver cette atmosphère particulière de cette ville pendant quelques semaines : chaleur, moiteur et rafraîchissement, amour et sensualité, fête et convivialité, découverte du grand art. Pourtant on montre au spectateur l'envers du décor, les coulisses entre les acteurs qui mélangent parfois de manière confuse vie privée et professionnelle. Beaucoup sont meurtris ou vont bientôt l'être, mais cette solidarité des acteurs les prévient de leur solitude. Dévorés par un malheur ou tout simplement perdus, certains personnages se sentent étouffés par ce festival, sensation très compréhensible pour ceux qui ont déjà été confrontés à ce mode de vie ; d'autre au contraire trouvent leur plein épanouissement dans ces moments, ce que l'on ne peut que trop bien cerner également. Efficace et drôle, les acteurs sont aussi bon dans leur rôle que dans la pièce mise subtilement en abyme par le réalisateur. Deux seuls défauts toutefois viennent griser le tableau, sans parvenir à le noircir complètement : le rôle de l'Asiatique reste pour le moins obscur, et l'on n'a pas d'autre choix que de l'identifier à cette forme d'admiration dérangeante et rageuse qu'un certain public ronge parfois. La fin reste également indéterminée, et, malheureusement, laisse le spectateur sur une note ennuyée qui tend vers le négatif. Cela ne suffit pas bien heureusement à nous laisser un mauvais souvenir du film, bien au contraire.
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# Posté le lundi 14 juillet 2008 06:26

Phénomènes, de M. Night Shyalaman, avec Mark Walhberg, Zooey Deschanel, John Leguizamo

Phénomènes, de M. Night Shyalaman, avec Mark Walhberg, Zooey Deschanel, John Leguizamo
Surgi de nulle part, le phénomène frappe sans discernement. Il n'y a aucun signe avant-coureur. En quelques minutes, des dizaines, des centaines de gens meurent dans des circonstances étranges, terrifiantes, totalement incompréhensibles. Qu'est-ce qui provoque ce bouleversement radical et soudain du comportement humain ? Est-ce une nouvelle forme d'attaque terroriste, une expérience qui a mal tourné, une arme toxique diabolique, un virus qui a échappé à tout contrôle ? Et comment cette menace se propage-t-elle ? Par l'air, par l'eau, ou autrement ?
Pour Elliot Moore, professeur de sciences dans un lycée de Philadelphie, ce qui compte est d'abord d'échapper à ce phénomène aussi mystérieux que mortel. Avec sa femme, Alma, ils fuient en compagnie d'un ami, professeur de mathématiques, et de sa fille de huit ans.
Très vite, il devient évident que personne n'est plus en sécurité nulle part. Il n'y a aucun moyen d'échapper à ce tueur invisible et implacable.
Pour avoir une mince chance de survivre, Elliot et les siens doivent à tout prix comprendre la véritable nature du phénomène, et découvrir ce qui a déchaîné cette force qui menace l'avenir même de l'espèce humaine...

Un nouveau film de M. Night Shyalaman est toujours connoté d'une impatience fébrile, comme à l'ouverture d'un cadeau, même si l'on sait quel en sera le contenu : dans la boîte, frissons, peur et fable écologique. Une filmographie bien fournie en amènent les preuves, dont notamment La jeune fille de l'eau et Signes. Pourtant, Phénomènes est un peu différent. Au lieu de l'originalité indépendante qu'on attendait, on se surprend à découvrir un début digne du Jour d'après, ou d'autres blockbusters américains prédisant l'apocalypse et la disparition future et atroce de l'Homme. Le concept fonctionne malgré tout toujours aussi bien, et le spectateur est confronté à cette angoisse bien connue de l'appréhension pour l'avenir, et un flot de questions sur le futur de la planète et de l'humanité s'avancent. C'est là tout le but. On en viendrait presque à oublier le mauvais jeu des acteurs, l'inutilité croissante de la femme et de la nièce du héros, la platitude de Mark Walhberg. Seuls les suicides sont spectaculaires, et viennent flatter l'instinct sanguinaire et impressionnable d'un public ennuyé. Qui plus est, le film n'est maheureusement et honteusement pas sorti en version original et sous-titrée en France, ce qui atténue l'atmosphère caractéristique et jouissive que l'on attendait. Plusieurs pistes sont données, aucune n'est exploitée : la prétendue infidélité de la femme du héros ne suscite que bâillements et est surtout inutile ; la théorie des plantes nous intéresse et nous fait retrouver, le temps de qelques minutes, la conviction de Shyalaman, mais reste vague et rien n'est poussé à l'hypothèse crédible et développée. Ce faux espoir laisse place à une déception qui ne fait que s'accroître. Incassable ou Sixième sens sont bien loins.
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# Posté le lundi 14 juillet 2008 06:16

Un jour, peut-être, de Adam Brooks, avec Ryan Reynolds, Abigail Breslin, Isla Fisher

Un jour, peut-être, de Adam Brooks, avec Ryan Reynolds, Abigail Breslin, Isla Fisher
Will Hayes est un jeune père New Yorkais d'une trentaine d'années en plein divorce lorsque sa fille de onze ans, Maya, le questionne sur sa vie avant qu'il ne soit marié. Elle veut savoir comment ses parents se sont rencontrés et comment ils sont tombés amoureux. L'histoire de Will commence en 1992 alors qu'il n'était encore qu'un jeune politicien qui débarquait de son Wisconsin natal à New York pour travailler sur la campagne de Clinton. Will raconte ses péripéties avec son meilleur ami, Russell, et, sous forme de puzzle, ses 3 grandes histoires d'amour. Il y a eu Emily, son amour de lycée; April, sa meilleure-amie et confidente de toujours et Summer, une journaliste ambitieuse. L'une d'entre elles est la mère de Maya mais ce n'est qu'à la fin de l'histoire qu'elle saura avec laquelle il s'est marié.

Le genre comédie romantique a tellement été exploité, revisité, parodié, qu'il en est devenu difficile de se distinguer. Sans aucun doute, Un jour, peut-être, n'est pas une exception. Visiblement destiné à un public féminin et solitaire, ce film ne semble avoir pour autre but que de faire rêver, et d'eposer la banale complexité des hommes et des femmes. Réalisé par un cinéaste quasi-inconnu, tout comme les acteurs, les deux raretés de ce film sont incontestablement la fraîche Abigail Breslin révélée dans Little Miss Sunshine, et Isla Fisher, jusqu'ici méconnue mais avec un fort potentiel. Qu'à ne cela tienne, le réalisateur ne finit pas par se démarquer, et produit une comédie romantique assez fade et languissante, malgré un désir visible de dresser une satyre manquée de notre société et des désastres sociaux qu'elle propose. Parmi ceux-ci, le divorce, la famille monoparentale, l'éducation : la morale finale du film est prévisible, lasse et est connotée d'un ton didactique et donneur de leçons plutôt agaçant. Le résultat est un divertissement moyen mais facilement oubliable...
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# Posté le lundi 14 juillet 2008 06:03

Eldorado, de Bouli Lanners, avec lui-même, Fabrice Adde, Philippe Nahon

Eldorado, de Bouli Lanners, avec lui-même, Fabrice Adde, Philippe Nahon
Yvan, dealer de voitures vintage, la quarantaine colérique, surprend le jeune Elie en train de le cambrioler. Pourtant, il ne lui casse pas la gueule. Au contraire, il se prend d'une étrange affection pour lui et accepte de le ramener chez ses parents au volant de sa vieille Chevrolet.
Commence alors le curieux voyage de deux bras cassés à travers à un pays magnifique, mais tout aussi déjanté.

Les cinéphiles français le savent bien : le plus souvent, les films belges s'avèrent bizarres, tordus et à l'humour douteux, touchant un certain public particulier. Eldorado n'échappe pas à cette règle, à ceci près : bien plus que d'être une simple comédie grasse et vulgaire comme l'on a pu expérimenter avec Dikkenek, la portée de ce film est profonde. Deux personnages que tout oppose, solitaires et en mal d'aventure mais aussi en manque profond d'affection, se découvrent dans les circonstances les plus farfelues du cambriolage. Cette relation aurait pu être celle d'un père avec son fils, un père sur qui le jeune Elie n'a jamais pu compter ; elle aurait pu être celle de frères, ce frère qu'Yvan a perdu trop vite sans avoir eu le temps de le découvrir. Pourtant cette relation est celle d'un apprentissage mutuel, comme un mentor à son disciple, mais les rôles changent sans cesse pour en apprendre toujours davantage sur les personnages. A travers ce pays qui a tout du déprimant mais qui sécrète cette note douceâtre et amère à la fois qui nous permet d'en apprécier la beauté et l'étrange, un voyage digne d'un périple vers une conquête de l'Ouest incertaine (comme le suggère le titre), nous est offert. Les acteurs qui y figurent sont plus que naturels, définitivement humains et sensibles malgré eurs différences ; la confiance s'installe peu à peu, mais toute la noirceur de ce film se dévoile prgogressivement jusqu'au processus de trahison. Pessimiste ou non, le réalisateur fait l'aumône d'une vie empreinte de solitude mais aussi d'espoir, pourtant rapidement brisé par les paradoxes et la violence de la nature humaine.
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# Posté le samedi 28 juin 2008 12:14

La capture, de Carole Laure, avec Catherine de Léan, Laurent Lucas, Francis Ducharme

La capture, de Carole Laure, avec Catherine de Léan, Laurent Lucas, Francis Ducharme
Rose ne ment presque jamais. Elle a une élégance naturelle et une sincérité que peu de filles de 20 ans possèdent. Pourtant, ni ses amis ni son amoureux ne connaissent son lourd passé. Elle a très bien su le cacher, même si elle reste toujours hantée par la violence de son père. Elle vit avec son amoureux Nathan à Montréal.
Après deux ans d'absence, elle revient visiter sa mère et son frère Félix dans sa banlieue natale. Le contexte familial n'a pas changé. Leurs destins la préoccupent et elle décide donc d'intervenir dans leur vie.
Avec l'aide de deux garçons, Rose séquestre son père dans un appartement loué à cette fin. La jeune fille va essayer de le changer par la beauté. Mais la volonté implacable de Rose rencontre la résistance immuable du père. C'est donc Rose qui change et qui devient peu à peu le chef de famille...

Il y a quelque chose de dantesque et de diabolique dans ce film, et pas seulement à cause du sujet à la fois très touchant et poignant qu'est la violence, plus précisément ici familiale. Toute l'intrigue se joue sur un certain nombre de contrastes qui sont pourtant nuancés : la cruauté implacable du père (joué par Laurent Lucas, métamorphosé et métamorphosable) s'oppose à la volonté rédemptrice de la fille, deux extrêmes qui sont nettement différenciés avec les rôles du frère et de la mère, définitivement passifs voire soumis. Pourtant, un changement s'opère tout au long du film : on voit Rose sombrer doucement vers une violence qui ne serait pas fondamentalement différente que celle qu'elle a subi et qui a dévasté sa famille. Involontairement et inconsciemment, elle semble céder à des pulsions qui la révulsent, ressemblant peut-être plus à son père qu'elle ne veut bien l'admettre, dans un désir de faire éclater la vérité. Toutefois la limite reste infranchissable, mais détruit toute notion de vie intime car Rose laisse son trop lourd passé empiéter sur chacun de ses gestes et pensées, parfois même jusqu'à s'autoproclamer comme une sorte d'Amélie Poulain des temps durs, s'immiscant dans la vie des autres pour régler leurs malheurs, cette fois beaucoup plus tragiques. Le langage corporel est largement utilisé, aussi bien dans les délires psychédéliques auxquels Rose s'adonne que dans sa passion, la danse : les corps sont mis à contribution pour faire parler d'eux-mêmes les émotions. L'accent québécois des acteurs et la beauté incroyablement douce des acteurs, opposée à tant de haine et de misère, forme un tout étonnant, dévastateur et sensible qui fait le caractère unique de ces films indépendants.
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# Posté le samedi 28 juin 2008 11:59